Éducation: Janvier – Mars 2018

De Janvier à Mars 2018

Dans le domaine de l’éducation, plusieurs engagements de campagne d’Emmanuel Macron ont d’ores et déjà été mis en œuvre, à savoir l’amélioration de l’apprentissage des fondamentaux et le développement de l’autonomie des établissements scolaires.

Par ailleurs, les principaux axes constitutifs de la réforme du Baccalauréat ont été dévoilés par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, le 14 février 2018. Enfin, le projet de loi portant réforme de l’accès à l’université a été voté par le Parlement le 15 février 2018, ouvrant la voie au déploiement effectif de premières mesures dès la rentrée 2018.

Cependant de fortes interrogations demeurent quant aux universités pour lesquelles peu de mesures ont pour l’instant confirmé les promesses du candidat Macron qui souhaitait rendre plus libres, diversifier leurs sources de financement et clarifier leurs débouchés pour les étudiants.

 


Légende

Promesse tenue
Promesse confirmée et en chantier
Promesse sans action communiquée à date
Promesse non tenue

Donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux « lire, écrire, compter »
dans le pré-scolaire, en maternelle et au primaire

Diviser par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+
Lutter contre la déperdition des savoirs scolaires en proposant des stages de remise à niveau en fin d’été entre le CP et le CM2
Les autres mesures sont disponibles ici

La rentrée scolaire 2017 s’est traduite par le dédoublement de 2500 classes de CP dans les établissements classés en réseaux REP+. Cette mesure sera étendue aux classes de CP des établissements classés en zones REP et initiée pour les classes de CE1 des établissements REP et REP+ dès la rentrée 2018.

Pour lutter contre la déperdition des savoirs, Jean-Michel Blanquer a également annoncé la création de stages de remise à niveau durant les vacances scolaires.

 

Renforcer et encourager l’autonomie des établissements pour favoriser l’adaptation aux besoins de leurs élèves et aux situations locales et stimuler l’innovation

Rendre possible le rétablissement des parcours bi-langues et un véritable enseignement du grec et du latin au collège
Laisser le choix aux collectivités de conserver ou non les rythmes scolaires
Revoir la forme du baccalauréat afin de rendre possible de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours
Les autres mesures sont disponibles ici

Depuis septembre 2017, les collèges ont de nouveau la possibilité de proposer des classes bi-langues, des sections européennes et des cours optionnels de grec et de latin.
Le décret du 28 juin 2017 offre par ailleurs la possibilité aux collectivités de conserver ou non les rythmes scolaires hebdomadaires fixés sous le précédent quinquennat, conformément à l’engagement pris.

Enfin, la révision de la forme du baccalauréat est d’ores et déjà engagée. Suite aux propositions contenues dans le rapport de la Mission Mathiot au Gouvernement, le 24 janvier dernier, le ministre de l’Éducation nationale a dévoilé, le 14 février, les grands principes de la réforme du baccalauréat. À ce stade, les principaux changements fixés sont les suivants : tenue de 4 épreuves à l’examen final – philosophie, grand oral et deux épreuves de spécialité – au lieu de 16 actuellement ; évaluation en contrôle continu des autres matières ; disparition des filières S, ES et L au profit d’un tronc commun et d’un système de spécialités.
Dans la continuité de l’agenda fixé, prévoyant le déploiement du baccalauréat réformé dès 2021, le ministère de l’Éducation nationale a présenté le projet de décret fixant ces différents axes au Conseil supérieur de l’éducation, le 21 mars dernier.

 

Permettre à chacun de s’insérer sur le marché de l’emploi à l’issue de ses études supérieures

Définir des prérequis dans chaque formation universitaire
Instaurer la transparence sur les résultats et les débouchés des universités

Voté par le Parlement le 15 février 2018,  le projet de loi Orientation et Réussite des Étudiants réforme l’accès à l’université, vise à supprimer le tirage au sort et à réduire le taux d’échec en première année. À terme, l’inscription dans une formation en licence générale pourra être subordonnée au respect de prérequis spécifiques par les étudiants. Ces prérequis ont d’ores et déjà été détaillés, filière par filière, par le ministère de l’Enseignement supérieur. En revanche, la transparence sur les résultats et les débouchés des universités reste à concrétiser.

 

Libérer l’énergie des universités

Donner aux universités la possibilité de déployer librement leur offre de formation, à condition d’offrir une palette suffisamment large de filières et d’orientations
Les autres mesures sont disponibles ici

Mise en avant durant la présidentielle, la promesse de libération de l’énergie des universités est articulée autour de différents engagements, dont la possibilité laissée aux universités de déployer librement leur offre de formation et la liberté offerte aux universités et grandes écoles de recruter elles-mêmes leurs enseignants-chercheurs. Toutefois, des mesures de déploiement sont attendues.

 

Diversifier les sources de financement des universités

Sanctuariser le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche
Permettre aux universités et aux grandes écoles de diversifier leurs sources de financement
Les autres mesures sont disponibles ici

Si la sanctuarisation du budget de l’enseignement supérieur a été engagée avec une hausse de 700 millions en 2018, le respect de cet engagement est à relativiser.

Afin d’assurer le respect du non-dépassement des 3% de déficit public en 2017, ce budget a ainsi été amputé de 330 millions d’euros durant l’été, dans le cadre de la présentation d’un plan d’économies global d’un montant de 4,5 milliards d’euros.

Par ailleurs, les promesses faites en termes de diversification des sources de financement des universités et grandes écoles n’ont pas encore été mises en œuvre.

 

 

 

Cet Argo Éclairage a été écrit par Clément Royer (clement.royer@edhec.com)

Publié le 26/04/2018